01.01.2007

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01:00 Ecrit par ugict | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

Commentaires

plusieurs remarques, questions suggestions sur les documents.

Mutations

1-1.4: dire que les Ictam marquent souvent leur refus semble être une affirmation qui s'appuie sur des éléments mesurables. Est ce le cas?
Je pense , en outre , que c'est plutôt le management pratiqué qu'ils ne partagent pas plutôt que l'entreprise.

2-3: je pense que cet article mérite un développement car cela parait plutôt obscur

4-1: 40% n'encadrent pas; employer ce terme suppose que l'on identifie ou que l'on définit le fait d'encadrer, or nous faisons le constat que la notion d'encadrement est devenue floue au fil des évolutions. Un peu plus loin, on parle de la notion de cadre en entreprise qui plus est.

4-10: voir s'il est possible d'inclure dans le paragraphe quelque chose comme: "le contrat d'objectif tend à se généraliser même dans la sphère publique en termes d'outil de management"

Ambitions revendicatives

2A-3.6: j'ai l'impression que cette phrase nécessite un développement sinon autant la retirer.

2A-3.17: le mot "contraints" ne serait-il pas mieux adapté que "amenés"

2A-3.21: "portage salarial"; je pense qu'il faudrait un peu expliciter. Pour ma part, je ne vois pas comment expliquer cette notion lors d'un débat.

Décision XIII: je suggère d'y ajouter;
. que le tutorat soit réellement pris en compte tant en terme de charge de travail que de reconnaissance (rémunération, évolution de carrière)

2B-2 Aspects sociaux du travail

Cela peut paraitre contradictoire avec la notion de collectif qui est développée mais je pense qu'il faudrait évoquer l'entretien individuel en tant qu'outil dont dispose le salarié pour la reconnaissance de sa qualification.


Fin

Ecrit par : Eric Masquelin | 29.01.2007

CONTRIBUTION AU DEBAT PREPARATOIRE
DU 15ème CONGRES DE L’UGICT-CGT

« A PROPOS DE LA STRATEGIE DE LISBONNE »


A la lecture du document d’ « Orientation-résolutions » du Congrès de l’Ugict-CGT, je souhaite réagir à la formulation d’un sous-titre de la 2ème partie : 2A-3 « Echec de la Stratégie de Lisbonne » et tout particulièrement sut le contenu de l’alinéa 2A-3.3.

Il me semble en effet que l’analyse de ce dispositif est insuffisant et incomplet et que lorsque l’on prend celui-ci dans sa globalité, il n’est pas pertinent de parler d’ « échec ».

1. Du processus de Lisbonne : la compétitivité économique
La stratégie adoptée à Lisbonne en 2000, par les dirigeants des 15 pays de l’ U.E., et pour la France par le Président de la République et le Premier Ministre de l’époque, avait pour objectif de faire de l’Europe « … d’ici 2010, l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable de soutenir une croissance économique durable, accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi, d’une plus grande cohésion sociale, dans le respect de l’environnement ». Tout cela par une articulation très forte entre politiques macro-économiques et dynamiques de réformes structurelles devant traiter les problèmes de l’Europe résumés autour du triptyque : innovation, emploi, croissance.
Autour d’un discours convenu sur le développement durable et la solidarité, l’axe central de ce dispositif est de repenser les conditions de la compétitivité dans le cadre d’une économie de la connaissance dans laquelle l’innovation joue un rôle majeur, ou le « capital humain » et sa qualité sont décisifs pour la croissance et surtout une économie qui a besoin d’un environnement favorable pour se développer pleinement dans trois directions :
- intégration du marché intérieur et libéralisation du marché des services
- réformes du marché du travail et réformes sociales, notamment sur les retraites
- restructuration de la dépense publique, en faveur des infrastructures et de l’économie de la connaissance.

La stratégie de Lisbonne décline une représentation libérale de la transformation du monde -où la recherche de compétitivité économique est le maître mot- en un certain nombre d’orientations macroéconomiques, de programmes économiques sectoriels et de réformes structurelles touchant au marché du travail. Elle ne propose, au delà des discours généreux sur la cohésion sociale, rien de concret pour l’amélioration du volet social des salariés.

La recherche de compétitivité économique est sensée constituer la base du progrès social, la garantie contre l’inefficacité et l’assurance que les équilibres macroéconomiques se situent automatiquement dans une perspective de croissance. Cependant, sans nier la fonction économique de la compétitivité, on doit la remettre dans son contexte général (mondialisation capitaliste) et prendre en compte le fait qu’elle se traduit, très souvent, en guerres économiques, en désastres sociaux et en destructions culturelles et écologiques. Le marché capitaliste basé sur la mise en concurrence agit non seulement comme constructeur d’inégalités, mais il fait de ces dernières le moteur de la dynamique libérale et de la recherche du profit capitaliste.

2. La stratégie de Lisbonne est « la méthode ouverte de coordination »
Prenant en compte les difficultés de la coordination des politiques nationales et des politiques communautaires, freins à la déréglementation, à la privatisation et à la mondialisation capitaliste, les auteurs de la stratégie de Lisbonne ont inventé une nouvelle pratique institutionnelle : « la méthode ouverte de coordination » afin que chaque état s’approprie l’objectif global et déploie les politiques nécessaires au plan macroéconomique, et engage des réformes structurelles pour réaliser l’objectif de la stratégie de Lisbonne.

La Commission Européenne ayant pour tâche de surveiller l’exécution des objectifs de Lisbonne et de mettre à la disposition des états une centaine d’indicateurs pour aller vers une cohérence forte. Ceux-ci portaient sur :
- l’évolution du marché intérieur autour du principe de la concurrence libre et non faussée et de la logique d’une large libéralisation qui a débouché sur la « directive services »
- l’évolution du marché du travail et de l’emploi, avec plus de flexibilité, de mobilité et le travail des seniors…., et donc une déréglementation du droit du travail
- l’évolution de l’environnement des entreprises par allégement des charges administratives, diminutions des réglementations et diminutions des charges sociales pour l’employeur
- l’évolution des services publics en les fragilisant par la baisse des crédits publics, la remise en cause des statuts des personnels et l’élargissement du partenariat public/privé

Aujourd’hui, en France et dans les autres pays Européens, on voit les effets dévastateurs sur le code du travail, sur les garanties sociales…Seules les mobilisations des mouvements sociaux et tout particulièrement des syndicats, en ont limité les effets sur les salariés.

A signaler, que les orientations de cette stratégie sont largement la reprise de préconisations d’institutions internationales à la fois sur le plan économique et sur les réformes structurelles (Banque Mondiale, FMI, OMC, OCDE…). Ces préconisations atteignent d’autant plus leurs objectifs qu’il y a une collaboration étroite, entre les institutions internationales et les états membres de celles-ci, facilitée par la méthode ouverte de coordination.

3. Quel bilan de la stratégie de Lisbonne ?
A mi-parcours, tous les indicateurs quantitatifs traduisent un retard, avec des différences entre les pays. Sur ce constat partiel, il est de bon ton de dire aujourd’hui que les objectifs de la stratégie de Lisbonne ne sont pas atteints et que c’est un échec.

C’est faux ! En effet, si les objectifs quantitatifs ne sont pas atteints (le plein emploi en 2008 et 3% du PIB en 2010 pour la recherche), les desseins en terme d’organisation et de réformes structurelles, sont en grande partie réalisés : sur le plan du marché intérieur, du marché du travail, de la remise en cause du droit du travail et de l’atteinte aux services publics.

Dans le secteur de la recherche, les réformes ont eu pour conséquences : la mise en place d’agences d’objectifs et de moyens, l’évaluation par des comités d’experts nommés, la privatisation par la formation de structures mixtes... L’ensemble de ce dispositif et sa mise en œuvre ont eu des répercussions sur le plan social et, pour ce qui nous concerne, sur le secteur de l’éducation, de la culture et de la recherche.
La logique de cette stratégie qui touche tous les secteurs est de comment assurer au capitalisme en Europe, dans sa compétition mondiale, les bases techniques et scientifiques lui permettant d’innover et donc d’accroître les profits pour augmenter le retour sur investissement. Au niveau de la recherche scientifique, le capitalisme a besoin de « socialiser » les investissements de recherche tout autant que d’en « privatiser » les résultats ; ceci l’amène à se rapprocher des sources d’élaboration de la connaissance pour orienter les recherches et se les approprier dans une vision utilitariste, à court terme. Ces orientations nécessitent également de mettre fin aux statuts qui protègent une certaine liberté de recherche, indispensable au travail de recherche, notamment fondamentale.

4. Le rapport KOK et Lisbonne 2.
La stratégie de Lisbonne cherche à concilier, par le discours, des objectifs partiellement contradictoires (croissance, emploi, développement durable, préservation du milieu social) alors qu’au contraire, dans la pratique, elle favorise les tenants du capitalisme mondialisé, ce qui est source de difficultés.

Face à celles-ci la Commission et le Conseil Européen ont demandé à un groupe d’experts de haut niveaux, présidé par l’ancien Premier ministre Néerlandais, Monsieur Wim KOK de proposer des solutions devant relancer le processus pour atteindre les objectifs quantitatifs de la stratégie de Lisbonne en accélérant les réformes structurelles cohérentes dans tous les pays de l’UE et ceci dans cinq domaines politiques :
- société de la connaissance : attrayante pour les chercheurs et les scientifiques (brain-drain) avec priorité à la Recherche et Développement….
- le marché intérieur : libre circulation des marchandises et des capitaux, marché unique des services et concurrence libre et non faussée….
- l’environnement des entreprises : alléger l’ensemble des charges administratives, améliorer la législation pour plus de flexibilité et mobilité, diminuer les charges sociales….
- le marché du travail : élaborer des stratégies pour l’éducation et la formation tout au long de la vie, élévation du taux de participation des seniors, partenariat public/privé….
- l’environnement durable : diffuser les éco-innovations, amélioration durable de la productivité grâce à l’éco-efficacité…..

Pour la réussite de cette « nouvelle stratégie », la Commission Européenne a préconisé :
1 - un renforcement de la cohérence, de la concordance entre les politiques de tous les pays de l’UE
2 - l’amélioration du processus par l’association des politiques et des partenaires sociaux
3 - l’amélioration de la communication sur les objectifs et les résultats.

Sur les orientations décrites ci-dessus, le 22 mai 2005, le Conseil Européen a adopté le « Lisbonne 2 ». Dans cette optique, il a demandé l’accélération et le renforcement des réformes, notamment par l’application de la directive services et la libéralisation complète des transports, des télécommunications, de l’énergie, de la poste… libéralisation qui devrait relayer la dynamique du Marché unique et remettre en cause d’autres acquis sociaux, si le mouvement social européen ne s’y oppose pas.

5. Quelles positions syndicales
La stratégie de Lisbonne est un prolongement du Traité de Maastricht (1991) et de son Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC), du Traité d’Amsterdam (1997), de la mise en place de l’Union économique et monétaire (1999). Présenter la Stratégie de Lisbonne comme une réponse au retard de l’Europe par rapport aux Etats-Unis en matière de développement de l’économie de la connaissance, n’est pas pertinent.
Car la même logique devrait voir le jour dans le cadre du Partenariat Economique Transatlantique (PET), à l‘horizon de 2010, avec les Etats-Unis. La mise en place d’une zone de libre échange, conçue comme un gigantesque outil de libéralisation et de mise en concurrence tout azimut, aurait les mêmes conséquences et les mêmes effets dévastateurs sur le plan social, sur le marché intérieur, le marché du travail, l’environnement des entreprises, les services publics, notamment ceux de la Recherche et l’Enseignement Supérieur.

Il ne peut y avoir qu’opposition syndicale à cette perspective, car, peut-on évoquer les bénéfices futurs de la libéralisation du marché du travail pour convaincre des salariés de renoncer à leur protection. Les forces sociales, ne peuvent que critiquer et stigmatiser l’attitude des grands groupes capitalistes qui font des bénéfices pharamineux (cf. CAC 40), qui n’investissent pas suffisamment dans la Recherche Développement, qui comptent sur l’instrumentalisation de la recherche publique pour augmenter les profits de leurs actionnaires.

Le mouvement syndical européen, et tout particulièrement la CES, lors de son Congrès les 21, 22, 23 et 24 mai à Séville, sur l’impulsion en particulier de la CGT et de son Ugict, doit réévaluer sa critique sur la Stratégie de Lisbonne et revendiquer haut et fort :
- l’imbrication forte du social dans les politiques économiques, de croissance et d’innovation, tant structurelles que macroéconomiques
- le rôle accru des acteurs de la société civile européenne en particulier les syndicats, les réseaux civiques et de collectivités territoriales, dans la promotion de conventions collectives européennes
- la construction de solidarités et de protections sociales, intégrées dans la stratégie de croissance.
Ce qui remet en cause, fondamentalement, les orientations ultralibérales et/ou social-libérales de l’UE.

En conclusion, le 25 mars 2007 à Berlin, pour l’anniversaire des 50 ans du traité de Rome (acte de naissance du Marché Commun), aucune voix officielle n’abordera et surtout ne condamnera les buts réels que s’étaient donnés les concepteurs de la stratégie de Lisbonne, tout particulièrement la remise en cause des acquis et des droits sociaux…

Jean-Pierre ADAMI
le 16 mars 2007

Ecrit par : Jean-Pierre ADAMI | 19.03.2007

Un rapport titré "l'économie de l'immatériel" explicite le remodelage social et politique qui doit accompagner la stratégie de Lisbonne.

D'une France qui monnaiera son patrimoine historique et culturel vu comme une marchandise à une France qui devra modifier sa fiscalité...
D'une France qui développera l'autonomie des Universités pour qu'elle gèrent plus facilement les personnels non-enseignants et puisse fixer les salaires des enseignants à une France qui devra casser l'ossature de sa législation sociale accusée d'être trop fondée sur le temps et les lieux de travail, 2 notions obsolètes...
on se fait vite une idée assez précise de la gestion des ressources humaines qu'implique la stratégie de Lisbonne.

Ce rapport est disponible à: http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/064000880/0000.pdf

Ecrit par : FV | 24.03.2007

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