04.01.2007

Professionnalisme, citoyenneté, responsabilité

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Editorial par Marie-José Kotlicki et Jean-François Bolzinger, Secrétaires généraux de l’Ugict-CGT

Alors que les réformes libérales s’accélèrent, la contestation commence à marquer des points.

Dans de nombreuses luttes, les Ictam sont en première ligne. Les étudiants de l’enseignement supérieur et les jeunes Ictam en insertion professionnelle, en butte à toutes les formes de précarité, revendiquent une reconnaissance de leur qualification dans une pérennité de l’emploi. Partout de premiers résultats sont obtenus : engagements pour reconnaître le doctorat, rémunération des stagiaires et retrait du CPE.


Ces manifestations rencontrent d’autres formes de lutte sur le contenu même du travail, à l’exemple des travailleurs sociaux, des cadres de la santé ou d’une majorité d’Ictam opposés à la privatisation de GDF.

De cet engagement dans l’action pour une autre finalité de leur travail, émergent de nouvelles solidarités.

Dans le même temps, la brutalité de la gouvernance s’exprime à tous les niveaux de l’Etat et dans les actions du Medef. Les processus de privatisation des entreprises publiques et la généralisation des critères marchands dans la fonction publique, le rejet d’un véritable dialogue social et des directions d’entreprises forçant la pensée unique managériale en sont les principales illustrations.

Ces offensives sont au cœur de la mondialisation libérale fondée sur la financiarisation et la mise en concurrence des salariés.

Sont donc sur la sellette les garanties collectives des salariés, le système de protection sociale solidaire, les services publics et l’intérêt général.

L’appropriation dans les débats publics des questions de la mondialisation, que ce soit à l’occasion de la contestation de l’Europe libérale lors du référendum ou du rejet de la directive Bolkestein, interpelle sur la recherche d’alternatives.

Cette situation dépasse l’Hexagone. Plusieurs manifestations européennes sur l’emploi, les services publics, les salaires… ont marqué la période récente. Le débat sur la nécessité d’un nouveau management européen responsable s’étend, tandis que l’enjeu de la construction d’une nouvelle internationale syndicale prend corps.

Comment inscrire ces mouvements dans la durée, en France, en Europe et au-delà, gagner de nouvelles perspectives en termes de droits sociaux et d’avancées démocratiques ? Quelles responsabilités de la Cgt et de son organisation spécifique Ugict ?

A la fois victimes et acteurs des changements, les Ictam sont un enjeu stratégique dans les transformations du travail, de l’entreprise, voire de la société.

Notre syndicalisme spécifique CGT a un rôle majeur à jouer dans leur syndicalisation et leur mobilisation. Ce défi à relever concerne plus particulièrement les secteurs où existe peu d’ancrage syndical, notamment le privé, les PME sous-traitantes et les précaires.

Il s’agit de rassembler le plus grand nombre d’Ictam dans les luttes, en convergence avec les autres composantes du salariat, d’impulser une solidarité active du monde du travail contre la division du salariat. L’objectif est de conquérir de nouveaux droits pour que s’exprime la responsabilité sociale des Ictam, d’obtenir des négociations collectives mettant un terme à l’individualisation et à l’exclusion de l’encadrement des droits sociaux.

Libérer l’esprit d’initiative, reconnaître les qualifications des Ictam et le collectif de travail exigent un autre partage du pouvoir dans les entreprises.

Professionnalisme, citoyenneté et responsabilité sont au cœur du syndicalisme CGT que nous leur proposons.

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