04.01.2007

2 (B) Ambitions revendicatives

Synthèse des questionnements de cette partie et décisions soumises au vote

2B- Ambitions revendicatives pour transformer le travail

Aspect de reconnaissance

L’aspect reconnaissance est central dans les aspirations des ICT. Le document cite notamment 3 catégories.

Les Jeunes diplômés [2B-1.1] subissent massivement les déclassements, la précarité, les bas salaires. C’est d’ailleurs au coeur de leurs luttes. Dans une période de fort renouvellement des générations, la non-reconnaissance des qualifications peut-elle devenir la norme sociale?  Quelles exigences appellent l’embauche massive et l’insertion des jeunes diplômés (décision XIV) ?

Les luttes des stagiaires ont révélé l’usage patronal des stages [2B-1.9]. C’est un terrain revendicatif à investir [décision XV] en lien avec les organisations étudiantes et de Jeunes Diplômés et dans les entreprises.

Les femmes [2B-1.13]. Leur niveau de qualification dépasse celui des hommes. Accès aux postes à responsabilité et déroulement de carrière leurs restent défavorables. Cela se traduit aussi  en termes de salaire. Tout cela renvoie à des pratiques et des critères de sélection à dénoncer [2B-1.16]. Le document propose de s’appuyer sur les avancées législatives récentes [2B-1.17] pour avancer sur 4 axes [décision XVI].

Les travailleurs immigrés : [2B-1.20] La loi d’immigration choisie est particulièrement dangereuse. La non-reconnaissance sélective des qualifications de ces salariés permet une mise en concurrence terrible entre salariés dans nos catégories. Comment s’y opposer [Décision XVII]?

Aspects sociaux et Sécurité Sociale Professionnelle.

La lucidité est de mise sur la nature des politiques de rémunérations des entreprises [2B-2.1] dont les ICT sont victimes [2B-2.5]. Les pratiques du Privé s’installent dans le Public [2b-2-6]. Négation des qualifications et des grilles [2B-2.8], des repères collectifs [2B-2.10], rémunérations arbitraires, précaires, globalisation de tous les éléments de rémunération [2B-2.17] lors des négociations, épargne salariale [2B-2.18] : l’approche salariale patronale est extrêmement cohérente. Comment y faire face ? [Décision XVIII]

Suite à la réduction du temps de travail [2B-2.20]. Les ICT ressente une augmentation considérable de la charge de travail. Ils  oscillent ainsi entre dégradation de leurs conditions de travail et de vie et satisfaction d’espace nouveaux de libertés à travers ces jours de RTT et le non contrôle des horaires. C’est particulièrement vrai pour les femmes [2B-2.25]. Au moment où le patronat propose de travailler plus pour gagner plus [2B-2.27] et développe le compte épargne temps dans ce sens, il s’agit de gagner une maîtrise des horaires, des charges, le respect du code du travail [Décision XIX]. Au delà ne faut-il pas porter le débat sur les 32 heures [2B-2.30] y compris au plan européen?

La RTT n’est pas le seul facteur du stress des ICT [2B-2.32]. Dans ce domaine les CHSCT ont un rôle à jouer [Décision XX]. Désormais la mobilité conditionne souvent la carrière [2B-3.2] et tend à se développer avec l’internationalisation des entreprises [2B-3.2]. Des garanties s’imposent [Décision XXI].

Les attaques contre la protection sociale [2B-3.4], l’absence de démocratie dans les réformes, la  dégradation des retraites par répartition  et la menace de la capitalisation nécessitent  un vaste débat avant les négociations de 2008 [2B-3.10] dans lequel l’UGICT doit intervenir avec force [Décision XXIII].

Les seniors [2B-3.11] expriment fortement le souhait d’une réduction de la pénibilité du travail, de continuer  à s’impliquer dans la vie professionnelle [les conditions sont réunies,  tout en restant attachés à la retraite à 60 ans [2B-3.14] qui demeure un repère social fort. Des exigences [Décision XXIII] sont à faire valoir pour cette catégorie de salariés.

Télécharger ici le texte intégral de la 2ème partie du document en Pdf et voir ci-dessous les 10 questions en débat


Décision XIV : l’Ugict-CGT s’engage pour

  • l’intégration de la professionnalisation dans les cursus universitaires et l’aide à l’insertion professionnelle des étudiants ;
  • la reconnaissance des diplômes à l’embauche ;
  • la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives et dans les trois fonctions publiques ;
  • la validation gratuite des années d’études postbac pour une retraite à taux plein dès soixante ans.

Décision XV : l’Ugict-CGT s’engage à travailler avec les organisations étudiantes et de jeunes diplômés pour

  • obtenir l’implication des établissements de formation dans l’obtention d’un stage et dans la lutte contre toutes les discriminations à l’égard des stagiaires ;
  • mobiliser les syndiqués pour rencontrer les stagiaires et intervenir dans les CE pour obtenir des informations précises sur leur situation et leur utilisation (contrat de stage, charte, mission, tutorat, gratification, etc.) ;
  • obtenir une règlementation nationale garantissant statut et droits nouveaux pour les stagiaires.

Décision XVI : l’Ugict-CGT décide

  • de lutter contre ces discriminations ;
  • de poursuivre son travail de formation et d’information sur les textes existants ;
  • d’exiger, dans le cadre de la loi, des accords contraignants sur l’égalité professionnelle pour parvenir à une véritable égalité salariale entre les femmes et les hommes ;
  • de poursuivre la mise en œuvre de la « Charte égalité femmes/hommes » adoptée par l’Ugict en novembre 2005.

Décision XVII : l’Ugict-CGT réclame

  • un système d’équivalence des diplômes non communautaires au même titre que les diplômes délivrés dans les différents pays de l’Union européenne ;
  • la suppression de la clause de nationalité dans le secteur public.

Décision XVIII : l’Ugict-CGT décide :

Pour lutter contre ces nouvelles formes d’exploitation des Ictam, l’Ugict-CGT décide d’agir pour :
  • une réelle transparence des critères d’évaluation, de rémunération et de déroulement de carrière incluant la possibilité de recours et l’intervention des représentants du personnel ;
  • la reconnaissance et la rémunération de la qualification dès le premier emploi par une grille de salaire d’embauche avec des seuils correspondant aux différents niveaux de qualification, en référence au Smic et indexés sur son évolution (sur la base d’un Smic à 1 500 euros) :
  • bac + 2/BTS/DUT : 1,6 Smic,
  • bac + 3-4 : 1,8 Smic,
  • bac + 5/mastère/ingénieur : 2 Smic,
  • bac + 8/doctorat : 2,3 Smic,
  • le doublement du salaire sur la carrière pour un emploi de même qualification ;
  • que les ICTAM ne soient pas exclus des négociations annuelles obligatoires ;
  • des négociations distinctes sur les salaires et l’épargne salariale ;
  • mettre un terme dans tous les secteurs au tassement de la grille salariale ;
  • reconquérir dans le privé et dans le secteur public des grilles de salaire qui garantissent à chaque salarié le paiement de sa qualification et de son travail ;
  • déplafonner la carrière des techniciens par la reconnaissance de la technicité, la validation des acquis de l’expérience et professionnels et l’évolution de carrière sur le collège cadre.

Décision XIX : l’Ugict-CGT propose

  • d’obtenir la maîtrise des horaires de par la possibilité d’un décompte horaire du temps de travail, quel que soit le type de contrat ;
  • de ramener les charges de travail à un niveau maîtrisé en recensant les emplois nécessaires et en revendiquant les embauches correspondantes à tous les niveaux de qualification ;
  • d’exiger le respect du Code du travail, que durée et charge de travail soient sous contrôle des DE, des Chsct et des délégués du personnel.

Décision XX : L’Ugict-CGT propose

  • que les CHSCT, en lien avec les médecins du travail, aient un pouvoir d’intervention réel pour faire aménager les charges de travail dès lors qu’une présomption de stress apparaît.

Décision XXI : l’Ugict-CGT propose

  • que la mobilité ne puisse pas être imposée mais corresponde à un choix volontaire ;
  • que la situation du conjoint et/ou des enfants soit prise en compte ;
  • qu’en cas de prise de poste dans un autre pays, le salarié ait le choix de la réglementation sociale et du travail ;
  • que l’entreprise compense les frais résultant du changement de résidence domiciliaire ou de l’obligation d’avoir deux logements.

Décision XXII : l’Ugict-CGT s’engage à tout mettre en œuvre pour

  • conduire une campagne d’envergure pour créer les conditions d’une grande consultation nationale sur la répartition et la retraite Agirc ;
  • stopper la dégradation du rendement (rapport entre le prix d’achat du point de retraite et sa valeur en euros à la liquidation) de la retraite Agirc ;
  • garantir l’autofinancement de l’Agirc par une augmentation du taux et de l’assiette de calcul des cotisations ;
  • obtenir la validation gratuite des années d’études et plus généralement des temps de formation ainsi que de toutes les périodes d’inactivité forcée ;
  • déjouer les tentatives de privatisation de notre système de prévoyance

A cet effet l’Ugict-CGT décide :

  • de poursuivre sur les retraites l’effort intensif de formation accessible à tous les militants de la CGT ;
  • de poursuivre et achever le déploiement d’un réseau de « correspondants retraite » aptes à intervenir et débattre dans nos structures et en entreprise ;
  • de développer le collectif retraite avec nos organisations pour notamment travailler la communication et alimenter les correspondants retraite ;
  • de développer une activité appréhendant les enjeux de la prévoyance pour les Ictam ;
  • de se doter d’une activité prévoyance pour les Ictam.

Décision XXIII : l’Ugict-CGT propose

  • une adaptation des conditions et des rythmes de travail ;
  • la poursuite des promotions au-delà de cinquante ans ;
  • la valorisation des savoirs et des compétences par des actions de tutorat reconnues comme actions de formation, rémunérées comme telles et ne venant pas s’ajouter à la charge de travail déjà établie ;
  • la mise en place, pour celles et ceux qui le souhaitent, de préretraites progressives s’opposant au cumul emploi/retraite.

Commentaires

Aborder le temps de travail des Ingénieurs et cadres voire d'un bon nombre de Techniciens, au moins pour ce qui concerne la métallurgie nécessite, de renouer avec la maîtrise de leur temps de travail.

Le forfait en jours sans décompte horaire a produit un recul à ce sujet alors que commençait à s'amorcer (à peine) parmi nos collègues la nécessité d'avoir, de pouvoir disposer de cette maîtrise.

La période de négociation des accords leur a permis de disposer de JRTT. Une mesure qui a été appréciée comme positive. Nous entendions aussi dans le même temps : "les 35 heures ce n'est pas pour nous!"

N'allons-nous pas face à la réalité des horaires pratiqués due à la charge de travail être confrontés à la même problématique en proposant comme indiqué dans le document d'orientation (paragraphe 2B-2.30) de franchir une nouvelle étape en mettant en débat un " abaissement du temps de travail à 32 heures par semaine et 10% d'embauches pour avoir des rythmes corrects"?

A l'expérience, il me semble, que quelque soit l'objectif de réduction du temps de travail affiché, le problème restera celui d'une maîtrise du temps de travail et de contrôle de la charge de travail.

Ecrit par : MARGALIDA Charles | 06.02.2007

TEMPS de TRAVAIL - BESOIN de RUPTURE

Dans la panoplie des droits attachés à la personne, opposables à l'employeur et garantis collectivement (partie intégrante du nouveau statut du travail salarié) je pense que le droit au respect de son temps de travail, au respect de l'équilibre de ses temps de vie, doit prendre toute sa place.

Pour avoir participé activement à la pétition internet intersyndicalistes (initiatitive de militants et pas d'organisations) pour un forfait 35H avec référence horaire, je peux témoigner de l'écho de cette revendication en particulier chez les salariés travaillant dans les services. Maîtriser son temps en exécutant loyalement son contrat de travail est à mon avis un repère revendicatif dominant dans l'ensemble du salariat. Nous devrions d'ailleurs relancer une campagne sur le forfait avec référence horaire et les embauches compensatoires nécessaires au vu des horaires réellement pratiqués.

Pour ce qui est de la revendication horaire, je suis personnellement pour la semaine de 30H. Mais surtout pour une semaine de référence de 4 jours car ce serait une rupture d'une autre teneur que la simple baisse du temps de travail. En laissant à Pierre Larouturou la revendication de la semaine de quatre jours, je pense que nous avons râté une étape.

Quand au repère en terme de temps de travail, je pense que nous devrions une fois pour toute adopter la définition suivante: le temps de travail est le temps socialement nécessaire pour produire les biens et les services répondant aux besoins de populations. Et ce temps inclu bien entendu l'éducation, la formation, la recherche, etc. Une fois posé ce repère se pose alors la question de savoir quel chemin emprunter pour atteindre un plein emploi que nous voulons solidaire.

Mais, au fait, si nous prenons le temps réellement travaillé et le divisons par le nombre de personnes pouvant travailler, combien faudrait-il travailler par semaine?

Ecrit par : Desaigues Paul | 08.02.2007

Décision xvii:
je propose de rajouter ceci.
Rattachement de tous les nouveaux diplômes de type licence- master- doctorat ainsi que les diplômes européens aux conventions collectives françaises

Ecrit par : Hagège Simon | 10.02.2007

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