04.01.2007
1-(1-2) Les mutations
Mutations du rapport des ICTAM à leur travail
Plus nombreux dans les luttes [1.1], loin de faire du misérabilisme, ils revendiquent à partir de ce qu’ils sont, expriment un malaise face l’exigence de rentabilité, ne se reconnaissent pas dans la conception patronale de l’entreprise. Pour la jeunesse [1-1.5] comme pour l’ensemble des ICTAM, le monde du travail n’est plus « enchanteur ». Il existe des raisons communes à l’engagement [1-1.7] dans l’action des Ingénieurs-Cadres et des techniciens et des accroches et des motivations différentes.
Au final n’est-ce pas les questions de reconnaissance et de finalités du travail qui sont la clef d’entrée pour développer le syndicalisme dans nos catégories ? [Proposition I]
Identifier, nommer dans une même expression l’ensemble de nos catégories est difficile [1.-2.1]. Surtout en voulant les classifier à travers des repères hiérarchiques que les évolutions du travail et les nouvelles formes d’organisations bousculent. Pour autant il n’y a pas de nivellement des identités [1-2.5]. La capacité de prescription du travail structure les identités. La vision classique d’une séparation entre travail manuel et intellectuel conserve une certaine efficience.
Cette capacité de prescription n’est-elle pas la raison essentielle d’une identité professionnelle et revendicative commune aux techniciens, agents de maîtrise, ingénieurs et cadres [Proposition II] ?
Avec les progrès technologiques et d’organisation, les enjeux se situent autour de l’appropriation et la maîtrise du travail d’exécution [1-3] et de la réduction du travail simple. Cela n’est pas vécu de la même manière par les professions intermédiaires et les Ingénieurs et Cadres. Liés au devenir de la valeur et des finalités du travail, les enjeux identitaires sont forts [1-4] et les ICTAM délimitent le terrain de l’opposition Capital/Travail plus clairement. Dès lors, comment nourrir des convergences nouvelles entre catégories [proposition 3] ?
Les ICT mesurent qu’entreprise, travail humain et eux mêmes sont les clefs [1-5] des nombreux défis que l’Humanité doit relever. Y compris celui des solidarités et de leur financement par le travail [1.6] menacées par la baisse des dépenses de protection sociale, l’individualisation des droits, la baisse des retraites dans le privé et le public, la volonté patronale et gouvernementale de favoriser la capitalisation et des garanties individualisées auprès de nos catégories.
Mutations des entreprises et des administrations
Le processus de spécialisation/parcellisation/diversification du travail se poursuit nourrissant l’émergence d’activités nouvelles, la tertiairisation de l’économie [2-2] et une interdépendance des différents secteurs économiques.
Les entreprises sont passées du capitalisme entrepreneurial au capitalisme actionnarial [2-4] sous l’utilisation patronale des technologies de l’information qui servent de support à la mobilité des capitaux. Les actionnaires ont pris le pouvoir. Les contraintes de rentabilité se répercutent en cascade sur l’ensemble de l’économie.
Le secteur public, le mouvement mutualiste [2.5] sont désormais touchés par ces évolutions avec une extension de la logique marchande, des privatisations, la mise en œuvre de critères de gestion du privé, la condamnation libérale de l’emploi, des statuts et des missions publics. La LOF pousse à une culture de performance de logique libérale.
Une nouvelle donne territoriale émerge [2-6], où se joue l’organisation de la flexibilité de la main d’œuvre sous la pression des entreprises qui échappent pourtant à tout contrôle réel.
Derrière des entreprises qui réduisent leur taille, domine la concentration financière et la tutelle des grands groupes sur le tissu économique. [2-7]. Le Medef entend désengager les entreprises de toutes responsabilités sociales [2-8] tandis que celles-ci s’engagent dans une mondialisation de conquête de marchés et de dumping social sur fond d’interdépendances des secteurs économiques à l’échelle mondiale et de systèmes sociaux inégaux.
Télécharger ici le texte intégral de la 1ère partie du document en Pdf et voir ci-dessous les 3 questions en débat
Q:
- N’est-ce pas en prenant en compte les questions de reconnaissance et de finalité du travail que l’on peut dessiner les ambitions de notre syndicalisme parmi les Ictam ?
Q:
- N’est-ce pas ce positionnement dans l’organisation du travail qui nourrit les exigences identitaires, revendicatives et de responsabilité de nos catégories ?
- N’y a-t-il pas là un fondement commun à toutes les catégories Ictam ?
Q:
- Comment ces prises de conscience peuvent-elles dessiner un champ pour de nouvelles convergences entre l’ensemble des catégories de salariés ?
- Comment intégrer toutes ces évolutions essentielles dans notre démarche revendicative et notre déploiement syndical ?
14:05 Ecrit par ugict dans Débat mutations, Documents du congrès | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : mutations, ugict, cgt, cadres, ictam, congrès, travail


Commentaires
Je propose de supprimer purement et simplement cette phrase qui témoigne d'une ignorance de la dimension intellectuelle de tout travail manuel(aucun plombier, aucun charpentier, etc. et aucun cadre du bâtiment ne peut nous suivre là-dessus)."La vision classique d’une séparation entre travail manuel et intellectuel conserve une certaine efficience".
Elle risque créer un faux débat, pire, donner à croire que nos catégories ignorent cette dimension du travail manuel.
Ecrit par : Durand Sylvie | 12.01.2007
Cette phrase est dans la synthèse car elle envoie au 1-2.6 du document d'orientation qui revient sur cette vision traditionnelle.
Personnellement, la critique exprimée par Sylvie de cette conception me va bien y compris parce qu'elle est souvent utilisée pour légitimer, et au moins expliquer , des rapports de production donnant la prédominance à ceux qui ont le droit de penser le travail soit au titre de connaissances intellectuelles, de monopole de savoirs, de pouvoirs ou de propriété.
L'enjeu aujourd'hui est qu'à partir d'une élévation du contenu intellectuel dans tous les types de travail, on ne tire pas comme conclusion hâtive que les Ouvriers, les personnels d'exécution, sont des Ingénieurs comme les autres.
D'où le besoin de bien cerner le rôle des catégories dans le travail: Pointer comme critère possible "la capacité à prescrire le travail" est une piste qui me semble donc intéressante. Elle peut fonder solidement un syndicalisme CGT apte à se développer dans toutes les catégories en tenant compte de la réalité des rôles de chacun et notamment de la double nature commune aux IC et aux professions intermédiaires.
Voilà en tout cas un exemple qui montre comment le blog peut servir à la réflexion collective. Pour poursuivre la réflexion, je m'inscris donc au fil de discussion...
Ecrit par : Francis Velain | 12.01.2007
A force de se demander ce qui réunit nos catégories tout en écartant ouvriers et employés, en cherchant dans la place par rapport au processus de travail, que dire de ces ingénieurs qui se voit prescrire des objectifs sans autre possibilité que de s'éxécuter ? J'en viens parfois à me demander si notre cible n'est pas d'aider au développement de la CGT dans les catégories où elle est peut représentée.
Cela dit l'effort pour essayer de regrouper dans une typologie qui faciliterait la prise en compte de "nos catégories" est une bonne idée, le résultat n'est peut être pas le bon, mais l'effort doit être poursuivi.
Ecrit par : Eric Brune | 02.02.2007
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